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lecture dud. scrutine, ce qu'il a incontinant faict, et icelluy leu à haulte voix. Ont esté appellez monsr de Marle, esleu Prevost, et m0 Jehan Sanguyn, l'ung des Eschevins esleuz, ausquelz a esté faict faire le serment en la maniere acoustumée es mains de monsr le premier president sans aucune difficulté. Mais quant au sire Nicolas Hac, esleu second Esche­vin, mond. sr le president a declairé à lad. compai­gnée qu'il y avoit appellation formée par mons' le procureur general du Roy de lad. eslection (1), et que ce jour d'uy matin, la Court avoit faict deffenses aux Eschevins qui estoient venuz à la Court la prier de excuser ceulx du corps d'icelle Court qui seroient empeschez à lad. eslection, qu'ilz n'eussent à eslire Nicolas Hac, parce que depuis trois jours il avoit résigné son estat de Quartenier à son filz ou à son gendre, infraudem, pour parvenir aud. estat de Es­chevin.
DE PARIS.
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Monsr de Charmeau, l'ung desd, scrutateurs et m° des Comptes, a dit et remonstré que lad. eslec­tion estoit bien et deuement faicte, et que c'estoit à la compaignée d'en congnoistre, representant le Conseil du Roy, et que, suyvant les ordonnances, lad. eslection devoit estre confirmée, ou bien ren­voyer lad. Ville au Roy.
Sont comparuz les gens du Roy, lesquelz ont soustenu leur appel, et n'ont voullu proposer leur cause d'appel au long par devant mess" les assistans, mais ont dit que demain à la Court où la Ville se trouve, si bon luy semble, et ilz plaideront leur cause, et allégueront de si bonnes raisons qu'ilz gai-gneront leur cause sur le champ. Par quoy n'a esté passé oultre quant aud. Hac, mais sont Mess" et lesd, nouveaulx esleuz retournez en l'Hostel de lad. Ville prandre possession.
XCV1I. Lettres du Roy pour la somme de inf lvi"1 livres.
16 août i56o. (Fol. 65 v».)
De par le Roy. " Très chers et bien amez, vous avez peu entendre comme depuis peu de jours en ça il nous est arrivé d'Escosse dix huit enseignes de gens de pied François des forces que nous avyons envoyé aud. pays avec ung nombre de chevaulx legers, ausquelz il est deu beaucoup de moys de leurs soldes, pour le peu de moyen que nous avons eu, durant le siege du Petit Lict, de leur faire porter argent de leur payement. <2>, et par consequent à la conservation detoutleroyaulme en nostre obeyssance, meritent bien que nous usions d'ung bon et favorable traictement en leur endroict, et qu'il nous semble que nous ne povons moings
faire en recongnoissance d'ung si louable service, que de leur faire bailler pour le moings une bonne partie de leur deu. En quoy faisant toutesfoys, nostre intention est de licentier la meilleure partie desd, bandes, et aussi de celles qui nous restoient encores sur les bras, ct que la guerre dud. Escosse nous contrainct d'entretenir, afin de nous soullager' et des­charger de despence le plus que nous pourrons, et garder que par faulte de payement nostre pauvre peuple ne soit mangé et pillé desd, gens de guerre <3). Pour à quoy satisfaire, il est force, n'ayans assez d'autre moyen d'ailleurs,que nous nous aydions de la somme de 1111e lvi™ livres, faisant partie des vinctant de mil
"' En effet le procureur général du Roi, averti de l'élection du sr Hac, vint lo jour même so porter comme appellant, vu que le nouvel Echevin était inéligible, se réservant d'en déduire les raisons en temps et lieu; sur son réquisitoire, le Parlement ordonna la comparution du Prévôt des Marchands sortant, ainsi que des Echevins et Quarteniers de la Ville. Le 3i août suivant, Baptiste Dumesnil, avocat du Roi, se désista de l'appel, acquiesçant à la réception de Nicolas Hac, à condition que lui et son fils renonceraient à la charge de Quartenier résignée au s' Bourlon, gendre du même Nicolas Hac ; les intéressés présents déclarèrent se soumettre à la volonté de la Cour, qui, par l'organe du Procureur général, manifesta son intention de demander que les Quarteniers fussent à l'avenir biennaux. (Archives nationales, Parlement de Paris, X1" i5g5, fol. 123 r°, 12/1 r°, 168 r°.)
O François ll avait envoyé, le 8 janvier 156o, au secours de la Reine Régente d'Ecosse en guerre avec ses sujets rebelles plusieurs compagnies de gens d'armes sous le commandement de Sébastien de Luxembourg, s' de Martigues. Marie de Lorraine et ses auxi­liaires furent assiégés dans Leith par 1,200 ou 1,5oo Ecossais protestants renforcés de 7,000 à 8,ooo Anglais, sous la conduite de lord Gray. Ce siège commença le 2 avril, la place de Leith fut battue en brèche par 9 4 pièces de canon et soutint plusieurs assauts qui furent repoussés, grâce à la vaillance du s' de Martigues, "Couronnel general des bandes françaises», lequel infligea des pertes consi­dérables aux Anglo-Ecossais. La mort de la Reine Régente et la conclusion de la paix lo 8 juillet mirent fin au siège ; le traité stipulait la rentrée en France des capitaines et gens de guerre français dans le délai do vingt jours. (L. Paris, Négociations sous François ll, p. 233, 374, 38o, 425.)
'3' Les désordres et excès des gens de guerre allaient toujours croissant et donnaient lieu à des plaintes qui n'étaient que trop jus-